La France veut repenser sa politique migratoire, à commencer par les visas
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Sous la pression du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et de l’opinion publique, le gouvernement français a pris de nouvelles mesures visant à contrôler l’immigration, notamment à travers la révision de la politique d’octroi des visas et le renforcement des frontière.
A l’issue d’un comité ministériel, tenu mercredi, pour examiner ce dossier, le gouvernement Bayrou a décidé de lancer un audit sur le système de délivrance des visas. La France reste championne d’Europe en la matière, avec 2,8 millions accordés en 2024.
Déjà expérimentée à la frontière franco-italienne, la force frontalière sera généralisée à l’ensemble des frontières de l’hexagone. Cette mesure sera épaulée par la transcription en droit français du Pacte européen pour la migration et l’asile, qui doit entrer en vigueur mi-2026 dans l’ensemble des Etats-membres de l’Union européenne et qui permettra de renforcer le contrôle aux frontières extérieures et d’accélérer les procédures d’asile, ajoute la même source.
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S’agissant de la situation sur le littoral Nord, le gouvernement envisage, dans le cadre du réexamen global de la relation entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, de faire évoluer le cadre de la coopération migratoire avec le Royaume-Uni.
“Notre capacité d’accueil n’est pas dimensionnée pour faire face aux besoins d’intégration qui résultent de cette dynamique migratoire”, a affirmé le Premier ministre François Bayrou, cité dans un communiqué de son département.
Annoncé fin janvier puis reporté, ce comité interministériel s’est tenu après l’attaque survenue samedi à Mulhouse (Haut-Rhin), dans laquelle un Algérien de 37 ans, en situation irrégulière et sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), est accusé d’avoir tué à l’arme blanche une personne et d’en avoir blessé sept autres.
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« Les victimes que nous avons connues à Mulhouse ce weekend sont les victimes directes du refus d’application de ces accords » de 1968 entre les deux pays, a affirmé le chef du gouvernement, notant que le suspect avait été présenté « quatorze fois » aux autorités algériennes qui ont toujours refusé de le reprendre.
Par ailleurs, le comité a abordé la transposition du Pacte européen asile et migration, adopté en mai et censé entrer en vigueur mi-2026. Ce texte prévoit un durcissement du « filtrage » aux frontières et un mécanisme de solidarité entre les 27.
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Créé en 2005, le comité interministériel sur l’immigration a été réactivé par décret présidentiel et présenté par l’actuel ministre de l’Intérieur « pour répondre aux attentes des Français en faveur d’une plus grande maîtrise des flux migratoires ».
Challenge (Avec Agences)