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Les Etats-Unis épinglent l’Europe sur la situation des libertés

Au premier jour (vendredi) de la Conférence de la sécurité de Munich, en Allemagne, le vice-président américain JD Vance a adressé de sévères critiques aux Européens sur la situation des libertés et le respect du vote dans le Vieux continent.

« En Grande-Bretagne et à travers l’Europe, la liberté d’expression, je le crains, est en retrait », a asséné M. Vance, à la stupeur de son auditoire. Plus que la Russie, la Chine ou « un autre acteur externe », a-t-il dit, « ce qui m’inquiète, c’est (…) le recul de l’Europe par rapport à certaines de ses valeurs les plus fondamentales, valeurs partagées avec les États-Unis d’Amérique ».

Il a notamment évoqué le cas de la Roumanie, où le premier tour de la présidentielle a été annulé par la Cour constitutionnelle. Le candidat d’extrême droite Calin Georgescu était arrivé contre toute attente en tête du scrutin avec plus de 20% des voix, en faisant campagne principalement sur la plateforme chinoise TikTok, soupçonnée d’avoir été manipulée.

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La décision d’annuler cette élection s’est faite « sur la base des faibles soupçons d’une agence de renseignement », a estimé JD Vance, dénonçant « une énorme pression de ses voisins continentaux » sur la Roumanie.

Si « votre démocratie peut être détruite avec quelques centaines de milliers de dollars de publicité numérique d’un pays étranger, alors elle n’était pas très forte », a-t-il dit.

Il a aussi visé les « très chers amis » du Royaume-Uni, où « la régression du droit de conscience » s’attaque selon lui aux « libertés fondamentales des Britanniques religieux ».

Quant au pays-hôte de la conférence, l’Allemagne, JD Vance a fustigé le consensus autour d’un « cordon sanitaire » empêchant l’extrême droite d’accéder au pouvoir.

« Ce à quoi la démocratie allemande », comme toutes les autres, « ne peut survivre, c’est de dire à des millions d’électeurs que leurs pensées et leurs préoccupations (…) ne méritent même pas d’être prises en considération », a-t-il ajouté.

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Cet appel a été vécu à Berlin comme une nouvelle ingérence de l’administration de Donald Trump dans la campagne électorale, après les soutiens répétés apportés par le milliardaire Elon Musk à l’AfD.

Le porte-parole du chancelier Olaf Scholz a mis en garde à ce sujet contre « une immixtion » des États-Unis. Il a souligné que l’Allemagne, en raison de son passé, avait une « approche plus stricte qu’aux États-Unis » en ce qui concerne l’expression d’idées extrémistes.

S’exprimant après JD Vance à la tribune, le ministre allemand de la Défense a fustigé des propos « non acceptables ».

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En Allemagne, « des partis extrémistes comme l’AfD » peuvent « mener une campagne électorale tout à fait normale », a-t-il répliqué, soulignant la présence d’Alice Weidel, la candidate de l’AfD, « en prime time à la télévision » la veille.

« Des médias diffusant la propagande russe sont également autorisés » dans les conférences de presse du gouvernement, a-t-il aussi dit.

Challenge (Avec AFP)

 
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